O'Brien, la contre-manipulation et l'aube


Reconnaître la contre-manipulation en œuvre dans la résistance au totalitarisme sanitaire et se transformer - par Benjamin Bourgeois.

De la fiction à la réalité

Dans le livre 1984 de George Orwell, l’Amour est interdit. La haine est fabriquée, la peur instillée, le matérialisme couronné par un Big Brother déifié. Winston, le héros, se réveille à cette situation, et tombe amoureux de Julia, éveillée elle aussi. Seuls face à un système d’espionnage total bien similaire à celui d’aujourd’hui, ils tentent de se vivre. Puis, un jour, apparaît O’Brien. O’Brien qui donne un livre à Winston décrivant tous les secrets, des modes opératoires aux buts inavoués, de la manipulation de Big Brother. Le pourquoi. Le comment. Winston et Julia exultent. Ils comprennent enfin. L’absurde prend sens. Et surtout, ils découvrent que d’autres ont compris. Ils ne sont plus seuls. Peut-être même vont-ils pouvoir agir. Agir!

Attention maintenant, je vais dévoiler la fin du livre. Ils rentrent dans la « Fraternité », une association secrète qui a juré la perte de Big Brother. O’Brien en est un des leaders. Mais voilà qu’en fait, la Fraternité et O’Brien travaillent pour Big Brother. Winston et Julia sont arrêtés, torturés jusqu’à renier leur amour mutuel, et à aimer le mensonge moustachu qui les flique et dirige impitoyablement leurs vies à travers les écrans : Big Brother.

Beaucoup citent ce livre comme prophétique. Pourtant je n’ai jamais vu un seul article réfléchissant sur le rôle d’O’Brien dans cette écatombe.

Fin 1916, en pleine première guerre mondiale Woodrow Wilson, le charismatique et idéaliste président des USA, est ré-élu avec le slogan : « Nous n’entrerons pas en guerre ! ». A peine attitré, ou probablemnet même avant, il se tourne vers Edward Bernays, neveu de Sigmund Freud, avec cette question : Comment retourner l’opinion pour entrer en guerre ? Début 1917, Conscirption. Les USA envoient leur jeunesse goûter aux balles, gaz moutarde et vaccins expérimentauxi en Europe.[i]

Bernays mettra par écrit sa technique dans le petit livre « Propaganda ».

La manipulation, consciente et orchestrée, des opinions et habitudes organisées des masses est un élément important d’une société démocratique. Ceux qui dirige cet imperceptible mécanisme de la société constituent un gouvernement invisible qui est le vrai pouvoir de notre pays… Nous sommes gouvernés, nos esprits sont modelés, nos goûts formé, nos idées suggérées, grandement par des personnes dont nous n’avons jamais entendu parlé.

Extrait de Propaganda, 1928

Dire qu’à l’époque, il n’y avait pas de télévision. Sans parler de Facebook, Netflix et Google ! Durant les cent dernières années, ces techniques ont été peaufinées. La condition fondamental pour cette manipulation de masse reste cependant la même : les gens ne doivent pas se rendre compte qu’il existe une volonté de manipulation. Mais malgré tout, la manipulation orwellienne a toujours du mal à s’imposer totalement. Lincoln avait raison :

Vous pouvez tromper certaines personnes tout le temps, et tout le monde un certain temps, mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps.

Lincoln

Il y aura toujours une frange de la population qui résistera à la manipulation. La solution est donc simple, il suffit alors de jouer son joker : O’Brien ! Tout l’art est de manipuler aussi la résistance. Une contre-manipulation, préparée dès la naissance de la manipulation pour recueillir dans un second filet ceux qui échappent au premier.

Un seul exemple. 20 mars 2003, dans la salle commune de ma coloc d’étudiants, je regarde écoeuré les USA entrer en Irak, malgré l’évidence flagrante de leurs mensonges sur d’introuvables armes de destructions massives. Je ne suis pas le seul : les rues d’Europe se remplissent comme jamais, les drapeaux « PACE » flamboient et ornent les fenêtres. La résistance est telle qu’une partie de l’Europe, France, Belgique et Allemagne en tête, refusent de partager l’aventure.

Quelques années plus tard pourtant, force est de constater que les invasions des pays arabes ont eu lieu, les pouvoirs du Proche et Moyen Orient sont détruits, les peuples renvoyés à l’âge de pierre, et le pétrole spolié sous les yeux souriants des opposants à la guerre en Irak.

Comment ont-ils fait ?

« Printemps Arabes ». Formés par des ONG travaillant pour les services secrets américains et anglais, [ii]des acteurs locaux déchaînent les foules grâce à une savante utilisations des réseaux sociaux. Chez nous, une tout aussi savante préparation avait eu lieu pour démoniser ces mêmes régimes. Merci Avaaz, Amnesty, Observateur des Droits de l’Homme en Syrie, et Obama-prix- Nobel-de-la-Paix. L’index accusateur de vos auras de saints ont réussi à retourner les coeurs de ceux qui justement étaient dans les rues lors de l’invasion de l’Irak. Contre manipulation.

Apprendre à connaître les O'Brien d'aujourd'hui

Et aujourd'hui ?

Ne soyons pas niais. Si la manipulation est là, la contre-manipulation aussi. La question est : comment reconnaître O’Brien ?

Il y a deux types d’O’Brien. Le premier est conscient d’être un traître. Il connaît sa mission, c’est un Judas. Lorsqu’il est découvert, il est haï, facilement lynché, car il cristallise en sa personne le mal qui vit diffus en nous. Pourtant...

L’autre type, c’est celui qui collabore ou organise la contre manipulation à son insu. Il ne se rend pas compte qu’il travaille exactement dans le sens de ce que veut le gouvernement totalitarisant. Il est à la fois contre-manipulant et contre-manipulé. Celui-là, il est en chacun de nous.

Comment reconnaître O’Brien, en nous comme en dehors ? Faisons un petite liste de ses caractéristiques :

  1. O’Brien dévoile la vérité, ou au moins une partie, pour regrouper les gens et attiser la colère. Il tente à travers les informations données et le ton utilisé de créer des sentiments déterminés. Répétitions, biais, calomnies servent ce propos.
  2. O’Brien utilise un discours basé sur le eux et nous. Les autres (gouvernement, vaccinés, médecins) sont déchus de leur humanité (collabos!) alors que nous sommes auréolés de vertus guerrières. « Ennemis », « lutte », « punition méritée » sont fréquents dans sa bouche.
  3. O’Brien promet mais ne promeut pas la paix.
  4. O’Brien te conforte et t’enferme dans un rôle de victime. Les victimes sans pardon deviennent les meilleurs bourreaux. A nouveau, le but est de diviser.
  5. O’Brien est charismatique et canalise la majorité des mécontents. C’est un chef naturel qui a formé une institution (« Fraternité ») et donne un sens de communauté aux exclus. Pourtant, cette communauté est une enveloppe vide (un site internet ou un canal Telegram n’est pas une communauté). De plus, cette communauté guerrière te contraint peu à peu au renoncement de ta propre liberté.
  6. O’Brien utilise les réseaux sociaux pour créer des événements (manifestations,…) très émotionnels ou le groupe domine sur l’individu.
  7. O’Brien est désigné par le régime comme l’ennemi intérieur, lui faisant ainsi une discrète publicité. De plus, le régime laisse filer au moment opportun des bribes de vérité dans ses médias pour faire basculer les gens en colère vers O’Brien.
  8. O’Brien promeut la technologie (= distanciation sociale qui ne dit pas son nom) comme solution d’avenir (Crypto-monnaie, Blockchain, réseaux sociaux,…).
  9. O’Brien est matérialiste. Il évite tant que faire se peut toute référence à la spiritualité, à l’évolution spirituelle de l’Humanité ou de l’Individu.
  10. Si O’Brien doit y avoir recours, la spiritualité qu’il proposera sera superficielle et issue de révélations improuvables (« C’est la Pachamama qui se venge » ; « Les dieux sont en fait des extra-terrestres »). Elle sera égoïste (« tous les aveugles mourront, mais vous qui êtes réveillés, passerez entre les mailles du filet et développerez un nouvelle communauté d’un niveau de conscience supérieur ») et anti-christique (assimilant le message d’Amour du Christ aux méfaits des hommes s’en réclamant). Cette spiritualité donne des solutions toutes faites et n’incite pas à penser par soi-même.
  11. O’Brien ne publiera probablement pas cet article.

Que faire ?

Réaliser que même le mouvement de protestation dans lequel on porte tous nos espoirs est probablement une souricière qui peut être une amère expérience. Comme à la manipulation du covid, on est tenté de ne pas vouloir y croire. « Non, ce n’est pas possible que tant de personnes tombent dans le panneau ! » Vraiment ?

Que faire si, par exemple, même les manifestations contre le pass sanitaire ont été planifiées de longue date pour nous lister, nous rendre violents et, au final, militariser la situation ? En qui croire si tous ceux qui ont le courage de prendre la parole et se dresser contre le mensonge pourraient être un O’Brien ?

La réalisation de l’existence d’une contre-manipulation peut nous couper les jambes.

Pourtant, une fois l’amertume digérée, cette réalisation porte en elle un grand potentiel de transformation de la situation. Ainsi, elle permet d’éradiquer O’Brien de sa propre âme. Car, derrière lui, c’est le « démon du mal » qu’il faut reconnaître.[iii] Il est cette tendance à centraliser les décision entre un petit nombre, dépeçant la liberté des autres. Il est cette tendance à dualiser, diviser, condamner, ostraciser. Il est cet appel à la violence et au contrôle. Il est cette absence de pardon et de compréhension. Cette duplicité.

Dans quelle mesure celui-ci vit-il en moi ? Dans quelle mesure est-ce que je le projette sur l’autre ? Dans quelle mesure est-ce que je m’absous de toute responsabilité me confortant dans un rôle de victime innocente ?

Dans quelle mesure suis-je un promoteur de compréhension, de compassion et d’amour ?

Mon action ne peut être fructueuse que si elle repose sur des impulsions profondément morales.

Il est fondamental d’identifié le Mal au-delà de la trinité Big Brother (Big pharma, Big Tech et Big Gov). L’attaque à l’humanité vise avant tout à déshumaniser tout un chacun. Orwell avait raison ; l’Amour est l’ennemi imparable des dominateurs-destructeurs. Imparable, mais lent. Lent comme l’eau qui dissout les roches calcaires. Oh ! Il serait si tentant de les faire exploser, d’un coup d’un seul ! Boum ! Pourtant… Rien ne naît de décombres, alors que l’eau chargée de minéraux porte la vie. Ainsi est l’Amour, il demande Patience, Courage, Lucidité et Espoir. Compassion. Il apporte, goutte à goutte, Vérité dans les pensées, Harmonie dans les sentiments et relations humaines et Morale dans l’action.

Que faire alors ? Concrètement ! Que faire alors quand un monde s’écroule, quand on a l’impression d’être de nouveau en 1939, criant dans un désert d’autruches ? Que faire si même ceux qui crient à l’agneau sont des loups ?

Je ne vais pas édulcorer ce que je vois venir. Je pense qu’il faut éviter à tout prix la violence. Celleci ne peut être qu’un catalyseur à la mise en place du totalitarisme « sanitaire ». Par rapport aux manifestations, il faut aussi être conscient que le risque est grand qu’elles fassent partie de la contre-manipulation ; qu’il est très facile de rendre une foule violente. Black-blocks, provocations policières, agents infiltrés, attaque sous faux drapeau[iv]peut-être même technologie 5G… les techniques existent et sont bien connues des pouvoirs en place.

Je pense que la désobéissance civile peut faire beaucoup plus, et est plus sûre que la revendication confrontationelle. Cesser de reconnaître comme maîtres ceux qui trônent sur la démocratie, pour commencer à bâtir dès maintenant ce qu’ils redoutent le plus, des communautés humaines basées sur l’Amour. Un Amour dont la dimension spirituelle doit être investiguée individuellement.

Pourtant, ce ne sera pas la solution miracle. J’entends souvent : si personne n’obéit au pass sanitaire, ils ne pourront pas tous nous arrêter et nous vaincrons. C’est vrai. Mais dans quelle mesure est-ce réaliste ? Dans quelle mesure nos sociétés disposent-elles des forces, des gens, pour tous sortir du train et revenir au sommeil d’avant ? Car c’est bien là que beaucoup veulent retourner.

Dans quelle mesure ne devons-nous pas plutôt oeuvrer à amortir un imminent et inéluctable impact, préparant déjà les graines physiques et spirituelles à replanter après ?

L’Espoir est dans la longueur. Comme je l’ai exprimé au début de la plandémie dans mon article «Le Grand Cancer et l'Avenir[v]», nous ne sommes pas des victimes, nous avons créé par notre léthargie égoïste les conditions de la fleur noire de ce jour. L’Espoir, c’est de s’en rendre compte profondément et d’oeuvrer a changer ça. L’Humanité devait évoluer, sortir de ses vieux atours pervers. Nous n’avons pas réussi à prendre le travail à bras le corps, alors la crise est venue. L’hiver de la mort et la résurrection a débuté, et l’humanité se découvre fort dépourvue. Mais il n’est d’hiver sans fin. Reconnaître le crépuscule, c’est aussi entrevoir l’Aube. L’aube qui vit déjà dans la flamme qui persiste dans la nuit.

Avec confiance et amour,

Benjamin Bourgeois

Référence

[i]     The 1918 Spanish Flu: Only the Vaccinated Died, by Dr. Sal Matingano. https://salmartingano.com/2020/05/the-1918-spanish-flu-only-the-vaccinated-died/

[ii]    Sous nos yeux,Thierry Messan, Éditions Résistances. https://www.voltairenet.org/article195690.html

[iii]    https://www.mondialisation.ca/le-grand-cancer-et-lavenir-confinement-general-de-la-population-histoire-analyses-et-perspectives/5645901

[iv]    A Coming False Flag Attack Targeting The Unvaccinated As Terrorist ?, By Madhava Setty https://thepulse.one/2021/09/06/a-false-flag-targeting-the-unvaccinated-as-terrorists/

[v]    Voir note ii