La récession COVID de la zone euro est-elle arrivée ?


Récession de la zone euro et économie européenne et crainte de pandémie économique et craintes de coronavirus ou d'épidémie de virus et concept de vente en bourse avec éléments d'illustration 3D.

La réalité est que la zone euro était déjà le maillon faible de l'économie mondiale.

Les États-Unis sont en plein essor. Le Royaume-Uni est sur le point de connaître la croissance la plus rapide depuis un demi-siècle. La Chine se développe à nouveau à un rythme effréné. Les marchés boursiers sont en hausse. Et les prix des matières premières s'envolent.

Récession à double creux dans la zone euro

Dans la plupart des pays du monde, les économistes commencent à s'inquiéter d'un boom incontrôlé, stimulé par un excès d'argent facile. Ils craignent que cette situation ne devienne facilement incontrôlable. Il y a toutefois une exception : la zone euro. Depuis aujourd'hui, la zone est officiellement en récession à double creux. Le ralentissement de la production de vaccins est arrivé. Et si les conséquences restent imprévisibles, une chose est sûre : elles ne seront pas bonnes.

Au vu des chiffres publiés aujourd'hui par l'Europe, on ne croirait certainement pas qu'une reprise mondiale de la crise COVID-19 est en cours. La zone euro a enregistré une baisse de 0,6 % de son PIB en glissement trimestriel. Cette baisse fait suite à une contraction de 0,7 % au cours des trois derniers mois de 2020, faisant entrer la zone dans une récession technique, qui se définit comme deux trimestres consécutifs de croissance négative.

L'Allemagne a été la plus touchée des grands pays, avec une baisse de la production de 1,7 %. L'Espagne a reculé de 0,5 % et l'Italie de 0,4 % (le Portugal a connu une chute alarmante de 3,3 %). La France a réussi à maintenir une légère croissance, mais la production globale a diminué au cours du trimestre. Le contraste avec les autres régions est douloureux. La zone euro est désormais le seul grand bloc au monde à connaître une double récession.

Catastrophe de la vaccination

Bien sûr, il n'est pas difficile de comprendre ce qui a mal tourné ici. La production a été frappée par la catastrophe de la vaccination. Alors que d'autres économies commençaient à sortir de la crise du COVID-19, l'Europe a tellement gâché son programme d'inoculation qu'elle a dû tout verrouiller à nouveau, surtout lorsque de nouvelles variantes du COVID-19 ont pris racine.

Il est vrai qu'elle commence à rattraper son retard. L'Allemagne a vacciné un million de personnes en un seul jour cette semaine, et la France a enfin réussi à dépasser les 500 000 injections par jour. Les approvisionnements s'améliorent, et le pays sera bientôt à la hauteur du reste du monde développé. Pourtant, le programme de l'UE - qui a été bâclé après que la Commission a pris le contrôle de la politique de santé - a entraîné un retard important.

Nous avons déjà vu les conséquences sanitaires de cette situation. Les décès atteignent 200 à 300 par jour en France, en Italie et en Allemagne, alors qu'ils sont tombés à 20-30 par jour au Royaume-Uni. Aujourd'hui, les conséquences économiques de cette situation deviennent également claires.

Déclin à long terme de la zone euro

La réalité est que la zone euro était déjà le maillon faible de l'économie mondiale. Ses principaux membres affichaient les taux de croissance les plus faibles. Ses industries luttaient pour rester compétitives. Et ses ratios d'endettement dépassaient les bornes.

La France a dépassé l'Italie en tant que troisième plus grand débiteur du monde, tandis que l'Italie elle-même est en difficulté en raison de son terrible ratio dette/PIB. Grâce à l'incompétence de la Commission, l'économie italienne s'est réduite, ses dettes ont augmenté et elle a pris encore plus de retard sur le reste du monde.

Quelles sont les conséquences de cette situation ? Il est difficile de le dire. Mais cette crise pourrait bien marquer un point décisif dans le déclin à long terme de la zone euro.