Espagne : La vaccination contre la grippe pourrait-elle être liée à l'augmentation des décès de personnes âgées atteintes de Covid-19 ?


Au début de l'été, un rapport du 18 juin 2020, rédigé personnellement par le Dr Juan F. Gastón Añaños du département pharmaceutique de l'hôpital espagnol de Barbastro (province de Huesca), intitulé : " Liens et causes possibles de la pandémie avec le vaccin antigrippal actualisé. "

Un rapport qui apparaît et disparaît, pour revenir altéré

Soulever des questions sur le lien entre le vaccin contre la grippe saisonnière et les décès attribués au Covid-19, en particulier chez nos aînés.

Étonnamment, le lien vers le rapport original (18 juin 2020) est introuvable depuis le 28 juin, sauf sur Wayback machine. Ce service scanne le web en permanence et conserve des "images" de ce qui est publié. Cela permet, en cas de suppression, de retrouver la plupart des articles. Sauf bien sûr en cas de nettoyage plus poussé de la mémoire de l'internet.

Publié le 28 juin 2020, il a été supprimé le lendemain sur le site elarconte.com, cependant on peut le retrouver grâce aux archives web. Il a ensuite été modifié le 29 juin 2020 et republié sans préciser les modifications apportées.

 

Néanmoins, il est probable que cette modification soit liée à un article de démenti de l'Association espagnole de vaccination (AEV), qui nie catégoriquement l'information concernant l'association entre le polysorbate 80 (vaccin contre la grippe) et l'infection par le SRAS-CoV-2. Un expert en microbiologie nous dit "ce démenti n'est pas convaincant".

Et elle ajoute, "pourtant cette étude théorique a conclu à l'hypothèse d'un possible mécanisme théorique d'interférence immunologique pour expliquer que les patients atteints de COVID-19 et ayant reçu le vaccin contre la grippe meurent plus que les patients atteints de COVID-19 qui n'ont pas été vaccinés contre la grippe lors de la dernière campagne dans cette province d'Espagne, en mettant l'accent sur un adjuvant (excipient), le Polysorbate 80, pour lequel il existe des réactions immunologiques indésirables décrites."

Il existe des interférences entre différents virus

Le 15 septembre dernier, une publication dans Nature, qui semble être passée inaperçue, s'est intéressée aux interférences entre les rhinovirus (coronavirus des rhumes bénins) et le virus de la grippe A (IAV), c'est-à-dire le H1N1, responsable de la pandémie de 2009. Rappelons ici que le virus de la grippe saisonnière est aussi un virus grippal.

 

Les auteurs ont réalisé une analyse rétrospective de données cliniques (1) et une étude expérimentale (2) pour étudier :

- la co-occurrence des rhinovirus et des virus para et grippaux chez les adultes de plus de 21 ans aux Etats-Unis testés par PCR Multiplex pendant 3 saisons de novembre à mars 2016-17, 207-19, et 2018-19 et comparer ce qui a été observé par rapport à ce qui était attendu (1).

- Interférence entre ces 2 types de virus, par infection expérimentale de cultures cellulaires d'épithélium respiratoire avec le H1N1 puis avec le rhinovirus, suivie d'une quantification séquentielle de l'infection en présence ou en l'absence d'un inhibiteur de la production d'interféron (2).

Leurs observations ont conduit à l'hypothèse qu'un seul virus respiratoire peut bloquer l'infection par un autre par la stimulation des défenses antivirales (dans ce cas, la production d'interféron par l'induction de l'expression du gène ISG) par la muqueuse respiratoire.

Cela pourrait expliquer l'idée que l'interférence entre le H1N1 et les rhinovirus saisonniers aurait permis l'extinction de l'épidémie de 2009 et que cette hypothèse devrait être envisagée pour les stratégies d'intervention entre les épidémies de grippe saisonnière en présence de l'actuelle " pandémie " de SRAS-Cov2. En d'autres termes, les rhinovirus saisonniers (coronavirus communs), en entrant en compétition avec la grippe saisonnière, pourraient fonctionner comme des protecteurs en bloquant l'infection par d'autres virus respiratoires plus pathogènes, et permettraient l'extinction de ces derniers chaque année. A cette compétition, s'ajoute maintenant un autre coronavirus, le SARS-CoV2, qui par extrapolation de ces conclusions, pourrait également participer à l'extinction de l'épidémie de grippe saisonnière, et vice versa.

Il ne s'agit pas ici d'immunité croisée, puisque la grippe et le rhume n'appartiennent pas à la même famille de virus (respectivement grippe et coronavirus), mais du déclenchement de la production d'interféron, une glycoprotéine de la famille des cytokines, un puissant antiviral naturellement produit par les cellules de notre système immunitaire et par d'autres cellules, dont celles de l'épithélium respiratoire. En d'autres termes, le fonctionnement complexe mais exceptionnellement adaptatif de notre système immunitaire.

La vaccination contre la grippe étudiée a un lien avec le virus Covid 19

Plus récemment, une publication scientifique du 1er octobre 2020 a examiné l'association potentielle entre les taux de vaccination contre la grippe et les décès dus à la grippe Covid-19 dans 39 pays du monde dont la population compte plus d'un demi-million de personnes âgées. (Voir pièce jointe à la fin)

Les résultats ont montré une association positive entre les décès par covid-19 et les taux de vaccination contre la grippe saisonnière chez les personnes âgées de 65 ans et plus, avec une augmentation significative des décès par covid-19 des régions orientales vers les régions occidentales du monde. En clair, cela signifie que les personnes âgées qui avaient été préalablement vaccinées contre la grippe étaient plus susceptibles de mourir du Covid-19 que celles qui n'avaient pas été vaccinées.

Là encore, l'auteur conclut que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour expliquer ces observations et prévenir ces décès potentiels liés au Covid-19.

On s'accorde à dire qu'il est urgent d'enquêter sur un lien présumé entre l'administration d'un vaccin contre la grippe saisonnière et des cas "confirmés" de COVID-19 ayant entraîné la mort. La publication des décès dus au SRAS-CoV2 (en ne testant presque personne à l'époque et en les attribuant automatiquement au COVID-19) avait-elle pour seul but de brouiller les pistes et de réduire la corrélation entre les deux maladies ? Si l'on n'élimine pas ce lien de causalité possible, il semble que l'on mette le public en danger lors de la prochaine campagne de vaccination contre la grippe (à venir), qui pourrait être associée à une nouvelle épidémie sévère de ce virus, voire à une résurgence et à de nombreux autres décès.

Le 3 octobre, le tribunal administratif de la région du Latium (Italie) a annulé l'ordonnance du 17 avril du président de la région du Latium, Nicola Zingaretti, imposant la vaccination obligatoire contre la grippe saisonnière pour toutes les personnes âgées de plus de 65 ans. Était-il au courant de cette étude ?

Compte tenu de tout cela, et à l'heure où de nombreux médecins appellent à une vaccination massive contre la grippe, cette étude permettrait de définir une stratégie de vaccination avec une population ciblée par rapport à la grippe : Peut-être serait-il préférable de vacciner en priorité les enfants (comme l'évoque le professeur Raoult, ainsi que le vaccin contre le pneumocoque) plutôt que leurs grands-parents, afin de limiter les chaînes de transmission de la grippe et ainsi préserver le capital défensif de nos aînés contre le covid-19, afin qu'ils n'en meurent plus ?

 

Un médecin nous dit :

"Cette position sera certainement débattue et mal comprise car si on vaccine les enfants, les personnes âgées ne seront pas infectées par le virus de la grippe et ne bénéficieront donc pas de l'interférence entre la grippe et le coronavirus par la libération d'interféron. Ainsi, le problème ne serait pas le vaccin lui-même, mais le fait qu'il "prive" les personnes (enfants et personnes âgées) de l'infection grippale."

Une analyse plus complexe de cette question découle de l'efficacité du vaccin contre la grippe et du taux de couverture vaccinale. L'efficacité du vaccin dépend des souches de virus qu'il cible et de la façon dont le virus mute. La couverture vaccinale de la population n'étant jamais de 100%, il y a toujours un doute sur la propagation du virus et la limitation des groupes cibles en fonction de la couverture vaccinale. On n'empêcherait pas forcément les personnes vaccinées de contracter le virus, mais on permettrait à cette grippe d'être atténuée, voire de passer inaperçue. Nous limitons donc les chaînes de transmission.

De plus, de nombreuses publications scientifiques montrent que l'activation des lymphocytes T (immunité à médiation cellulaire) joue un rôle plus important que les anticorps spécifiques (immunité humorale) dans la lutte contre l'infection par le SRAS-CoV2 et qu'elle est impliquée dans l'immunité croisée. Ne serait-il donc pas plus judicieux de renforcer cette immunité naturelle, qui diminue chez les personnes âgées avec l'âge, par exemple à l'aide de suppléments de vitamine D et de zinc (dont elles manquent souvent), mais aussi de vitamine C ?

Il est urgent de mener une réflexion globale sur la stratégie d'anticipation des personnes à risque, y compris les personnes âgées, face au Covid-19 !

Pièce jointe

Association positive entre les décès dus au virus COVID-19 et les taux de vaccination contre la grippe